Coupe Rogers – Jour 1: L’hécatombe
2011.08.08
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Charles David Mathieu-Poulin
Et c’est parti! Voilà déjà une journée de complétée dans cette Coupe Rogers 2011, première édition virtuellement (et de façon controversée) combinée. Chaque jour, je vous promets un pot-pourri de mes impressions de la journée, allant de mes coups de coeur jusqu’à mes déceptions. Je répète aussi que je mets à jour régulièrement mon compte Twitter pendant la journée au gré de mes impulsions. Une belle manière de faire comme si vous étiez, virtuellement, de façon combinée, avec moi à Toronto. On sent l’amertume envers cette décision dans les dernières ligne? Tant mieux.
Match du jour: Pour Sharon Fichman, les matchs de double à Toronto se suivent et se ressemblent. Il y a deux ans, sur le même terrain, contre les mêmes adversaires et avec une partenaire Québécoise (Aleksandra Wozniak), elle avait subie une défaite difficile, perdant après avoir mené 6-1 4-0 contre Jans et Rosolska. Entrant sur le court avec Marie-Ève Pelletier plus tôt aujourd’hui, elle ne s’attendait probablement pas à encore une fois perdre une avance aussi importante contre ce duo Polonais. Malheureusement, ce fut le cas. Dominantes au départ, les Canadiennes ont pris une avance rapide de 5-1, obtenant même un point dans cette partie. Une double faute de Fichman a alors donné un peu d’espoir à Jans et Rosolska, qui ont ainsi commmencé une remontée peu probable. Obtenant une deuxième chance de servir pour le set à 5-3, Pelletier et Fichman ont obtenu deux autres balles de manches, elles aussi perdues, notamment sur un lob parfait de Jans. Les Polonaises ont alors nivelé la marque, puis, servant à 40-0 à 5-5, on semblait croire que les chéries du public avaient repris le match en main. C’est alors que Fichman et Pelletier ont perdu huit points consécutifs et, conséquemment, le set. Ouch. Le deuxième set a été beaucoup plus serré tout du long, les deux équipes ne prenant pas d’avances significatives. Menant 5-4, les Canadiennes ont eu un point de set, lui aussi perdu. Deux parties (très rapides!) plus tard, Jans et Rosolska confirmaient leur victoire en deux sets. Re-Ouch. Alors que Pelletier était visiblement déçue, la défaite a semblé affecter Fichman de façon dramatique. Elle est même allé jusqu’à refuser par frustration de revenir dans la même voiturette que sa partenaire. Pelletier, qui en a vu d’autres, semblait trouver la boutade de son accolyte plutôt divertissante. Espérons que le tout se règlera, car cette équipe toute canadienne a un potentiel évident. Re-Re-Ouch.
Coup du jour: La performance de Julia Goerges contre Jelena Jankovic était en tant que telle exceptionnelle, enchainant les coups gagnants spectaculaires. C’est par contre au milieu du premier set qu’elle a effectué son coup le plus impressionnant: après un échange très relevé où elle a parcouru tous les coins du terrain, elle a réussi à frapper un coup droit croisé en course tout simplement divin. Devrait-on l’appeler Julia Nadal? Rafa Goerges? Au prochain tour: probablement Serena Williams. Je ne voudrais pas être une balle, ce jour-là.
Citation du jour: Après sa défaite avec Sharon Fichman en double, Marie-Ève Pelletier s’est fait demander ce qui s’était passé. Elle a alors répondu: «Ce qui est arrivé? Je crois que nous aurions dû arrêter le match à 5-1 au premier set, j’aurais passé une bien meilleure journée!»
Déception du jour: Quatre têtes de série du bas du tableau étaient en action, aujourd’hui. Et les quatre ont vu leur tournoi se terminer de façon précipitée. Alors que les défaites de Pavlyuchenkova et Jankovic pouvaient être prévues contre des adversaires coriaces, il est décevant de voir Kuznetsova et Bartoli performer de la sorte. Une petite mention aussi pour la défaite de Rebecca Marino, qui avait un match à sa portée contre Makarova. Toujous aussi efficace en service, la meilleure Canadienne au classement WTA a été erratique en retour, accumulant un nombre impressionnant de fautes directes dans une défaite malgré tout serrée et excitante de 7-6(6) 6-4. Elle aura évidemment de nombreuses autres chances à la Coupe Rogers, mais ce tableau-ci aurait difficilement pu être plus clément.
Prix Orange: J’avais eu la chance de rencontre Julia Goerges pendant le Challenge Bell, il y a deux ans, alors qu’elle avait atteint les demi-finales: intelligente, posée, extrêmement gentille, il était difficile de ne pas tomber sous le charme de la grande Allemande. Après son match superbe contre Jankovic ce soir, Goerges a tout autant impressionné en conférence de presse. Mature, confiante et intéressante, elle repondait aux questions avec candeur, honneteté et profondeur, tout en regardant chaque journaliste dans les yeux. Que ce soit dans sa carrière tennistique ou dans la vie, elle a un grand avenir devant elle. Et un nouveau fan.
Prix Citron: Quelques bons candidats pour ce prix, mais la palme (à peine superficielle..) revient au retour des couleurs pastels et fluos dans les choix vestimentaires. Entre Jankovic monochromatique en mauve (jusqu’aux lacets), Pavlyuchenkova portant une courte-pointe de tissus jaune, orange, turquoise, rose et verte, Martinez Sanchez arborant le look Halloween noir et orange électrique et Goerges avec un bandeau vert qui brillait probablement dans le noir (et de nombreux autres exemples toute la journée sur le terrains d’entrainement), un retour à la simplicité s’impose. Pour nos pauvres yeux. S’il vous plait.
À surveiller demain: Nos trois québécoises (Bouchard, Wozniak et Dubois) entrent en scène: alors qu’Eugénie et Aleks ont deux beaux défis devant elles sur le central, Stéphanie sera favorite sur le Grandstand contre Woerle. Surveillons aussi entre autres Ivanovic, Clijsters et Serena qui débutent leur tournoi. Mais surtout, et avec grande excitation, la paire Ivanovic-Petkovic (Ivanorazzi, pour les intimes) qui foulera le Grandstand juste après Dubois. Je crois arriver à l’aube pour réserver ma place sur ce court. J’aurais peut-être même dù y dormir…

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