Coupe Rogers – Jour 2: Le déluge
2011.08.09
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Charles David Mathieu-Poulin
Après un début marqué par une pluie torrentielle, deux belles victoires québécoises et de belles découvertes, voici mon compte-rendu de cette deuxième journée de la Coupe Rogers de Toronto. Désolé du retard, disons que le temps est difficile à trouver dans un tournoi où tous les matchs sont dignes d’être vus. Un beau, très beau, problème!
Match du jour: Voir Serena Williams en action en personne est une nécessité pour tous les fans de tennis, partisan ou non de la controversée Américaine. Lorsqu’elle est en santé, rien ne peut égaler le plaisir de la voir fouler un court et tout simplement dominer ses adversaires. Plusieurs ne voient en Serena qu’un exemple de puissance, mais son jeu est beaucoup plus complet que ce que l’on voit au premier regard. Elle utilise parfaitement les effets, les angles, réussit à bien mélanger défense et agressivité, et fait preuve d’une concentration exemplaire. Dans son match contre Alona Bondarenko mardi soir, Serena a été intraitable, surtout au premier set, où elle n’a perdu que…4 points. En seulement 16 minutes. Alors que le deuxième set a été un peu plus serré, il ne fait aucun doute qu’il fait très très bon de revoir Serena sur un court. Et qu’il nous reste de moins en moins de chances de la voir à quelques pas de nous. Dommage.
Coup du jour: Stéphanie Dubois a toujours été reconnue pour sa rapidité et son anticipation, mais ces deux atouts ont particulièrement été mis en premier plan lors du bris d’égalité de sa première manche contre Kathrin Woerle. Tirant de l’arrière 3-1, Stéphanie a réussi à enchainer une série spectaculaire de ‘passing shots’ qui ont réussi à briser la confiance de l’Allemande. Notamment, suite à une longue course, la Québécoise a effectué un coup tout en touche en revers coupé croisé que même Woerle a du applaudir. Clairement, ce fut le point tournant d’un match qui était très partagé jusque là.
Déception du jour: Kim Clijsters semblait en pleine possession de ses moyens contre Jie Zheng, qui montrait une belle résistance dans l’un des bons matchs du tournoi pour le moment. Ayant déjà demandé le soigneur pour une douleur aux abdominaux, la Belge, tirant de l’arrière 1-2 dans la deuxième manche après avoir gagné la première, a décidé de se retirer du match. Grande déception pour la foule, et l’organisation: l’officiel en charge du tournoi, Tony Cho, a même tenté de convaincre Kim de continuer, même après qu’elle aie serré la main de son adversaire du jour. La conférence de presse suivant le match était quasi-funèbre…
Citation du jour: Le concept du tournoi virtuellement combiné amène son lot de moments cocasses. En effet, dans les salles d’entrevues, une caméra est installée pour que toutes les entrevues soient visibles autant à Montréal qu’à Toronto pour tous les journalistes. Ainsi, toutes les joueuses sont assez surprises lorsque la responsable de la WTA demande si les gens de Montréal ont des questions, et ceux-ci apparaissent sur l’écran. Andrea Petkovic, toujours aussi candide, semble adorer le concept et s’amuse à regulièrement envoyer la main à nos collègues montréalais. Par contre, un bogue technique hier a fait en sorte que, moins de trente secondes après le début de l’entrevue, la liaison entre les deux villes s’est perdue. Amusée, Petkovic a dit: «Où est parti Montréal? Je n’ai eu le temps de dire qu’une phrase et ils se sont déjà tannés? Mauvais pour mon estime, ça…». Ah, cette chère Petko.
Prix Orange: Je croyais à un mythe, ou une légende urbaine. Digne du monstre du Loch Ness ou d’une Coupe Rogers sans forfait. Il semblait impossible qu’une équipe de double puisse faire tant parler par leurs démonstrations joviales, leurs rires contagieux et leur danse…unique. Par contre, je dois avouer que je suis ressorti un homme nouveau du match d’Ivanorazzi (un beau mélange d’Ivanovic et Petkorazzi, surnom d’Andrea Petkovic). En plus d’être excitant, le match a contenu une tonne de moments adorables, drôles, cocasses, presque entièrement du côté d’Ana et Petko qui étaient sans aucun doute les favorites de la foule. Toutes deux ont été, toute la semaine, souriantes, ouvertes et honnêtes autant avec les fans, les journalistes que l’administration. Très rafraichissant, pour un circuit qui est un peu froid par moments.
Prix Citron: Plusieurs personnes ont été troublées en regardant l’horaire de lundi, se disant que très peu de matchs étaient à l’horaire. Il devenait encore plus étonnant de voir une telle planification quand la température était très incertaine pour le lendemain…Évidemment, un déluge total a envahi le Centre Rexall mardi matin, retardant énormément de match et forçant le transfert de plusieurs rencontres. Ainsi, Stephanie Dubois et Aleksandra Wozniak se sont retrouvées sur le Grandstand, et malgré que celles-ci ont toutes deux gagné leur match, il était décevant de les voir être relèguées vers un court annexe, surtout pour Aleksandra qui était prévue sur le central et n’a eu que très peu de temps d’antenne à la télévision. Une des rares opportunités de mettre nos athlètes à l’avant-plan qui vient d’être ratée…
À surveiller demain: Nos deux Québécoises, Stéphanie Dubois et Aleksandra Wozniak, auront un grand défi devant elles contre deux grandes favorites, Azarenka et Stosur. De plus, notons l’entrée dans le tournoi de Caroline Wozniacki, Na Li, Francesca Schiavone, Petra Kvitova, Vera Zvonareva et Maria Sharapova. Une journée digne des meilleures en Grand Chelem!

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