Coupe Rogers – Jour 3: Probabilités d’averses multiples…
2011.08.11
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Charles David Mathieu-Poulin
Journée assez particulière à Toronto: vents violents, pluie imprévisible, défauts techniques, une numéro 1 déchue, parties interminables…L’édition 2011 de la Coupe Rogers commence définitivement à se faire un nom comme l’un des tournois les plus bizarres depuis quelques temps. Dans un circuit un peu chaotique, peut-on s’attendre à autre chose que du chaos?
Match du jour: Je sais, je vais encore une fois sembler totalement addict à Andrea Petkovic. Et je le suis. Et c’est assumé. Sur papier, son match contre Greta Arn semblait assez ordinaire. Deux joueuses du même pays, dont l’une avec un classement et une carrière beaucoup plus remarquable. Par contre, dans les conditions difficiles d’hier sur les terrains annexes, tout était possible. Le premier set, gagné par Petkovic par la marque de 6-4, était, comme prévu, assez ordinaire. Par contre, le deuxième set aura été l’une des plus grandes batailles que j’ai vu sur un court. Au total, 116 points ont été joués, en douze parties, pour une moyenne de 9,7 points par partie. En comparaison, le premier set du match de Serena Williams, mardi soir, aura duré 28 points, pour une moyenne de 4.7 points par partie. De plus, Petkovic aura sauvé neuf points de bris sur dix dans ce set. La huitième partie, alors que le score était de 4-4, a du durer au moins vingt minutes à elle seule. Ce set lui-même est la preuve qu’il vaut la peine de sortir des sentiers battus et aller explorer les matchs sur les courts annexes. C’est souvent là, la vraie action. Et celle qui compte vraiment.
Coup du jour: Aleksandra Wozniak et Samantha Stosur ont dû jouer dans des conditions très difficiles, avec un vent tourbillonnant et parfois violent. Au début du deuxième set, alors qu’Aleks servait à 40-30, elle a réussit un coup….ridicule. Étant en défensive tout du long, Aleks s’est difficilement rendue à une balle éloignée en revers, réussissant uniquement à la relever très haute dans les airs. La balle est alors tombée du côté de l’Australienne, qui s’est avancée pour aller la smasher. Jusque là, tout va bien. Mais le vent en a décidé autrement. Suite à une rafale, la balle a fait un bond du côté de Stosur, pour ensuite revenir du côté d’Aleks, la rendant donc totalement hors d’atteinte. Un coup gagnant assez rare, qui a mené à plusieurs rires de la foule…et des joueuses.
Citation du jour: Serena Williams, en entrevue, a le mérite d’être souvent très honnête. Trop pour certains, possiblement. Suite à sa victoire aujourd’hui, un journaliste lui a demandé à quel point c’était un avantage de frapper fort lorsque les conditions sont aussi venteuses. Elle a alors répondu, avec son absence de tact caractéristique: «Clairement, vous ne jouez pas au tennis, n’est-ce pas?». Ouch.
Déception du jour: Oui, Caroline Wozniacki a très peu joué depuis Wimbledon. Mais de voir la championne en titre être éliminée de façon si rapide à son premier match, dans une rencontre plein d’erreurs et sans rythme, est terriblement décevant. J’ai longtemps défendu Wozniacki, qui reçoit une tonne de critique par rapport à son jeu défensif et l’absence d’un trophée du Grand Chelem dans sa collection, mais il commence à être difficile de trouver du positif chez Little Miss Sunshine. Elle a encore une forte longueur d’avance sur ses plus proches rivales au classement, mais tout le monde entre maintenant sur le terrain avec l’intention, et la capacité, de la battre. Il lui faudra trouver une solution, et vite, car la route déjà tracée par Jankovic, Ivanovic et Safina semble l’attirer vers les profondeurs des numéros uns sans Grand Chelem…Un enfer d’où il semble dur de revenir.
Prix Orange: La foule de Toronto, en comparaison avec celle de Montréal, a tendance à être assez ennuyante et peu prédisposée à encourager bruyamment ses préférées. Par contre, on sent la tendance changer, cette année. Loin d’être comparable à sa partenaire virtuellement combinée, les partisans sont par contre plus enthousiastes et plus réceptifs à réagir au spectacle qui leur est présenté. Lors des matchs des Canadiennes depuis le début de la semaine, ils ont fait preuve d’un bel esprit patriotique et encourageaient avec vigueur les Dubois et Wozniak de ce monde. Sachant que nos filles jouent à un niveau qui ne leur est pas habituel, il faut tout tenter de mettre de notre côté. Pas étonnant que les résultats des Canadiennes à Montréal sont habituellement meilleurs que ceux de Toronto…
Prix Citron: Ana Ivanovic et Iveta Benesova devaient être loin de croire que le ciel leur tomberait sur la tête hier dans leur match de deuxième tour. En plein milieu du premier set d’un match sans histoire, un socle en métal d’un lampadaire s’est détaché, tombant lourdement très près d’un chasseur de balles. Quelques secondes plus tard, l’immense ampoule a elle aussi décidé de quitter son habitat naturel pour retrouver le plancher des vaches. Évidemment, pour la sécurité des joueuses et des spectateurs, le match a du être suspendu, puis transféré vers un autre terrain. On se croirait presque sur une autoroute montréalaise! Très dangereux, et un tel accident aurait pu mettre un bémol à un tournoi qui subit déjà assez de fausses notes. Il me semble que la Coupe Rogers serait dûe pour une belle symphonie, non?
À surveiller demain: Le match entre Petra Kvitova et Andrea Petkovic promet d’être captivant, de même que la rencontre entre Na Li et Samathan Stosur. Sur le GrandStand, Zvonareva et Radwanska répèterons la finale de la semaine dernière à Carlsbad, suivi par un double plein de star power avec Azarenka, Kirilenko, Ivanovic et Petkovic. Oui, j’ai encore mentionné deux fois le nom de Petkovic. Juste pour une dernière fois: Petkovic.

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