Françoise Abanda

Portrait d'une championne: Kimberley-Ann Surin
2010.04.09 | Alain Vincent - WTA Québec

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Depuis quelques années, l'état du tennis féminin québécois est des plus prometteurs. Au niveau de la WTA, Aleksandra Wozniak fait partie du top 50 depuis plusieurs mois et les Dubois, Tétreault et Pelletier ont leur part de succès. Lorsqu'il est question de la relève, le nom qui est sur toutes les lèvres est celui d'Eugénie Bouchard. Les soeurs Élisabeth et Françoise Abanda font aussi miroiter un beau futur. Dans l'ombre de celles-ci, Kimberley-Ann Surin fait son petit bonhomme de chemin. Voici donc un portrait de cette athlète qui fera également partie un jour de l'élite du tennis féminin.

Dès le départ, le nom de famille de Kimberley-Ann est prestigieux dans le monde du sport. Son père Bruny est un ancien champion olympique du quatre fois 100 mètres en athlétisme. Il est arrivé au Québec à l'âge de sept ans. En 1991, il épouse Bianelle, une sportive tout comme lui et une caissière dans le secteur bancaire. Elle est maintenant gestionnaire en administration. Du couple Surin naquit deux filles, Kimberley-Ann et Katherine-Jessica. Sans surprise les deux font du sport. Pour Kimberley-Ann, le tennis n'était pas son premier choix. « Quand j'étais plus petite je jouais au soccer et au tennis une fois par semaine, je voulais devenir joueuse de soccer professionnel » raconte-t-elle.

Mais après quelques discussions avec son père, Kimberley-Ann a décidé de privilégier le tennis. Dès lors, elle y a consacré plus de temps. Cependant, il ne suffit pas de porter le nom de Surin pour connaître le succès. Après l'avant-midi passé à l'école à Georges-Vanier, elle se dirige tous les midis au Carrefour Multisports pour s'entraîner. La Blainvilloise de 15 ans s'entraîne depuis six ans avec Sébastien Leroux. « Il est très patient, passionné et attentif», dit-elle à son sujet. Kimberley-Ann s'entraîne régulièrement avec Hugo Di Feo et sa soeur Katherine-Jessica, qui a aussi de décider de se lancer en tennis. L'aînée de la famille s'est déjà vu offrir quelques invitations au centre national d'entrainement à Montréal. « Ma plus belle victoire cette année c'est quand j'ai battu une fille du centre national cet hiver, j'étais vraiment contente ! » relate-t-elle avec fierté.

Kimberley-Ann, qui a comme idole la Russe Maria Sharapova pour son courage et son agressivité, reçoit plusieurs compliments sur sa condition physique et sa combativité. Son meilleur coup est le coup droit, mais elle avoue avec humilité qu'elle doit améliorer le côté mental et technique de son tennis. Championne Québécoise chez les 14 ans et moins en 2008, Surin a déjà commencé à jouer dans les tournois internationaux ITF chez les 18 ans et moins. Elle s'est d'ailleurs qualifiée pour la Prince Cup en décembre dernier. Au niveau national, elle a démontré sa supériorité dans sa catégorie d'âge la semaine dernière lors de la présentation des Championnats Canadiens chez les 16 ans et moins. Elle a été couronnée championne suite à cinq victoires décisives en deux manches face à ses opposantes. Même la première favorite au pays, Elianne Douglas-Miron, est tombée par la marque de 6-3 et 6-1. En double, elle a atteint la demi-finale en compagnie de Catherine Parenteau St-Antoine. Surin a poursuivi sur sa lancée cette semaine en atteignant la ronde quart-de-finale et ce dans la catégorie des 18 ans et moins.

Kimberley-Ann Surin, qui aimerait toucher au métier d'avocat après sa carrière sportive, sera une joueuse qui sera mentionnée de façon plus régulière dans les médias dans un futur rapproché. Et avec une gestionnaire en administration et un ancien champion olympique comme parent, elle pourra gérer cette situation avec panache.

Photo: Marcel Lefevre.